Dites-le avec des fleurs

Manifestations à Gaza

A la suite de violentes émeutes dans les écoles de filles, dimanche, 4 écoles ont été fermées à Gaza. Hier, sur les quelques milliers d’écolières que compte l’école d’Al-Zahra, il n’en restaient que quelques douzaines. Dans les autres établissements, la situation était normale.

Deux fonctionnaires du ministère de l’agriculture de la Bande de Gaza, Yitzhak Saluki et Yitzhak Shealtiel, furent contraints de se défendre contre les écolières qui leur jettèrent des pierres près de la maison du Gouverneur, à Gaza.

Seulement après que le premier ait lancé également des pierres et le second sorti son révoler qu’ils parvinrent à faire rentrer les filles dans leur école. “Si nous avions montré quelque faiblesse, nous serions maintenant sous un monceau de pierres,” raconta Yitzhak Saluki qui est aussi chargé des problèmes d’irrigation pour l’université hébraique.

Haaretz : 6.2.69.

Des centaines de gens manifestent à Naplouse

Le couvre-feu imposé il y a deux jours sur la partie sud de Naplouse a été levé hier à 10 du matin. Immédiatement, des manifestations regroupant des centaines d’enfants et d’hommes eurent lieu. Les forces de sécurité patrouillèrent dans le secteur et furent accueillies à coups de pierres. Le couvre-feu a été levé de facto, bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite. Les habitants sortirent de leurs maisons et plusieurs magasins furent ouvert mais dès le début des manifestations ils furent refermés.

Les manifestants portaient des portraits de Nasser et d’Abu-Amar et criaient des slogans tels que “Fatah”, Nasser” et “Abu-Amar”.

Un reporter qui s’y trouvait n’a pas pu entrer dans le secteur des émeutes. On apprit que de 4 à 10 personnes de tous âges à partir de 14 ans ont été arrétées par la police pour être interrogées.

Haaretz : 6.2.69.

Les terres de Latroun

Le journal Haaretz du 16.2.69 fait état d’un plan de distribution des terres de Latroun conquises pendant la guerre des Six Jours.

D’après ce plan, les terres seront réparties entre les colonies existantes et une nouvelle prèt d’être établie.

Emil Habibi posa, au Parlement, les questions suivantes au ministre de la Défense :

  1. Existe-t-il un projet de distribution des terres du district de Latroun conquis pendant la guerre des six jours?
  2. Si oui, qui a pris la décision ?
  3. 3. Quels étaient les villages qui travaillaient sur ces terres avant la guerre ?

(Note du traducteur : les trois villages du district de Latroun – Amaos, Yalu et Beit-Nuba – ont été rasé immédiatement après la guerre et les paysans chassés par la force. Leurs terres ont été entretenues longtemps par les colonies israéliennes bordant la frontière – cfr. entre autre, au témoignage d’Amos Kenan repris dans le livre de N. Weinstock, Sionisme contre Israél, page 498, 499).

Zo Haderekh : 12.3.69

L’occupation profite aux riches

“Puisque la vie reprend son cours normal, la question suivante se pose : à quel le entité appartient les territoires occupés ?” Ceci est la conclusion d’une étude comparative faite par des membres du département de sociologie de l’université hébraique sous la direction du dr. Erich Cohen dans les villes de Han-Yunis et Naplouse. Cette étude a été faite fin 1967 et son sommaire fut publié dans le dernier numéro de la revue bimensuelle de l’université hébraïque.

L’etude montre que, en tous domaines, Han-Yunis est inférieur à Naplouse. A Han-Yunis, les Mukhtars (chefs) dé tiennent toujours le pouvoir à la fois parmi les habitants et les réfugiés, et les ressources économiques proviennent de l’agriculture. A Naplouse, au contraire, on considère que les Mukhtars n’ont qu’un simple rôle technique formel. Han-Yunis est inférieur aussi à Naplouse en ce qui concerne le développement des métiers, de l’industrie et du commerce bien que dans les deux cas, l’élite sociale soit des propriétaires terriens. Mais à Naplouse apparaît une opposition à cette classe parmi les classes moyennes cultivées.

Sur le plan politique, l’étude nous apprend que le roi Hussein soutenait la classe dominante traditionnelle qui a intérêt à l’existence du régime jordanien. Cependant, les chercheurs constatèrent qu’ “une large partie de la population (de Naplouse) ne désirait pas retourner à la Jordanie ; ils désirent un état palestinien.” L’étude dit que la population de Naplouse, davantage que celle de Han-Yunis, est prête à exprimer sa volonte librement et que des opinions “plutôt fermement hostiles” envers la domination israélienne ont déjà clairement été exprimées, principalement par des cercles de l’élite locale et des intellectuels.

L’étude constate que l’occupation a profité aux commerçants et aux riches et a nuit aux professions libérales et aux “cols-blancs”. Cette situation a une grande importance politique car parmi ceux qui ont les opinions politiques les plus radicales, se trouvent les intellectuels. La déterioration de leur position économique peut devenir un motif supplémentaire pour leur opposition à la domination israélienne, ou pour le moins les en éloigner.

L’étude dit qu’après la normalisation de la vie, il est nécessaire de prévoir un pan pour la seconde phase de l’occupation. Le plan doit répondre à la question de savoir à “quelle entité appartiennent les territoires occupés et à quels symboles exige-t-on que les habitants s’identifient”.

L’étude conclut que la situation économique et sociale rend le problème pressant, spécialement pour les intellectuels et les membres de professions libérales. Les chercheurs n’ignorent pas le fait que la réponse à ces questions doit être politique, mais ils font remarquer qu’une situation de temporisation politique ne peut continuer en aucun cas indéfiniment.

Haaretz : 5.2.69.

Des écoles fermées à Ramallah

Une grève des cours éclata hier à l’école secondaire de Ramallah. La direction et les professeurs ouvrirent les portes de l’école mais les élèves ne vinrent pas. Dans la ville la tension persiste mais la vie poursuit son cours normal et il n’y a pas eut de troubles. On fit savoir que les élèves avaient été poussés à faire la grève par des instigateurs non encore identifiés.

Quand on demanda eux élèves pour quoi ils avaient fait la grève, ils ne purent pas répondre.

Quelques uns dirent qu’ils avaient fait la grève pour protester contre l’arrestation de jeunnes filles à Gaza ; on sait cependant qu’elles ont été relachées il y a quelques jours. D’autres proclamèrent que la grève avait été faite par solidarité avec les évènements de Naplouse et des environs.

Haaretz : 6.2.69.