Les Archives sionistes : Le Journal de Joseph Weitz

Voici la traduction d’un article publié le 29.9.67 dans le quotidien du Parti travailliste Israélien, Davar. L’auteur est Joseph Weitz qui fut pendant de nombreuses années à la tête du Département de la Colonisation à l’Agence juive (l’organisme chargé de l’aménagement de la colonisation sioniste en Palestine). Discutant de la possibilité de coloniser les territoires nouvellement occupés, l’auteur cite le passage suivant, tiré de son journal en 1940 :

« En ce qui nous concerne, il doit être clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples à la fois dans ce pays […]. Nous n’atteindrons pas notre but d’être un peuple indépendant, avec les Arabes dans ce petit pays. La seule solution est la Palestine, ou du moins la Palestine occidentale [la partie de la Palestine à l’ouest du Jourdain, N.d.T.], sans Arabes […]. Et il n’y a pas d’autre moyen que de transférer les Arabes d’ici vers les pays voisins ; de les transférer tous : pas un seul village, pas une seule tribu ne doit être laissé. Et le transfert devrait se faire vers l’lrak, la Syrie et même la Transjordanie. L’argent, beaucoup d’argent, doit être trouvé à cette fin. C’est seulement après ce transfert, que le pays sera capable d’absorber des millions de nos frères. Il n’y a pas d’autre voie. »

Commentant ce qu’il avait écrit dans son journal, vingt-sept ans auparavant, l’auteur poursuit en disant :

« De ce point de vue, la solution du transfert se discutait à l’époque et était soutenue par B. Katzenelson, J. Vulkani et M. Ussishkin [Berle Katzenelson était le prédécesseur de Ben Gourion à la tête du parti sioniste le plus important et donc le principal chef sioniste en Palestine, les deux autres personnes mentionnées étaient également des leaders sionistes importants, N.d.T.] et certaines préparations préliminaires furent entreprises en vue de mettre cette théorie en pratique. Des années plus tard, quand l’O.N.U. prit la résolution de partager la Palestine en deux Etats, nous avons eu la chance de voir la guerre d’indépendance éclater. Dans cette guerre, un double miracle survint :  une victoire territoriale et la fuite des Arabes. Dans la guerre des Six jours, un grand miracle survint : une immense victoire territoriale ; mais la majorité des habitants des territoires libérés restèrent ‘coincés’ à leur place – ce qui peut détruire le véritable fondement de notre Etat. »

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Les combattants pour le ‘travail juif’ emploient des arabes

De Gershon Hall

« L’histoire a de ces détours. Nous en avons été témoins cette semaine. La chose eût lieu à la ‘Maison Lissine’, lors d’un grand déjeuner auquel était conviée une douzaine de dirigeants locaux de la Histadrouth, tous des ex-responsables des conseils ouvriers des villes de Rishon-Letzion et Rehovot. L’occasion de la fête était le trentième anniversaire de leur arrestation par les Britanniques, à cause de leur action pour le travail juif.

« Au cours du repas, les convives racontaient des souvenirs de leur lutte contre les ‘Boaz’ [un surnom pour les planteurs privés juifs, N.d.T.], qui s’opposaient au travail juif, préféraient employer des ouvriers arabes dans leur plantations d’agrumes, et menaçaient les ouvriers juifs qui venaient réclamer du travail d’appeler la police britannique et de les faire arrêter…

« Il se trouve que le même soir devait s’ouvrir le onzième congrès de la Confédération agricole. La plupart des convives du repas à la ‘Maison Lissine’ étaient invités à participer au congrès. Or, une grande partie des délibérations de ce congrès devait être un cri d’alarme sur le fait que l’agriculture juive, et justement dans le secteur coopératif et communautaire, est délaissée par la main d’œuvre juive. On révéla que des branches agricoles entières sont entre les mains d’ouvriers arabes. Un des représentants du Centre agricole raconta même que la récolte des agrumes s’arrête le jour des fêtes musulmanes… ‘Combien de temps encore pourrions-nous prétendre, envers nous-mêmes et envers les autres, que nous constituons une agriculture ouvrière ? ‘, demanda l’orateur.

« Et si tout cela ne suffisait pas, on vit monter sur l’estrade M. Ya’akov Reich, le secrétaire des ouvriers agricoles salariés, et rapporter que dans certains cas les membres des mochavim [fermes collectives, N.d.T.], qui appartiennent à la Confédération agricole, avaient appelé… la police contre les ouvriers agricoles juifs venus protester contre l’emploi des arabes ‘de manière non syndiquée’. »

(Yedioth Ahronoth, le 11 mars 1970)

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Organisation Sioniste Mondiale, Agence juive, ‘Service Etudiants’, Paris, 14 octobre 1969.

Extraits d’une circulaire adressée aux militants sionistes en milieu étudiant, traçant les « grandes lignes d’un programme d’action au sein des étudiants juifs en France » :

L’information Politique

a) Remarques préliminaires

  1. Le ‘Service Etudiants’ s’adresse en principe aux étudiants juifs. Cependant, et aujourd’hui plus que jamais, il est impossible de faire une distinction nette entre l’information destinée à un public juif et l’information générale. En effet, d’une part, le ‘bagage juif’ des étudiants s’avère insuffisant pour leur permettre de faire face par leurs propres moyens à une propagande de plus en plus hostile et, d’autre part, pour la première fois, la propagande arabe adapte ses arguments de façon à atteindre plus efficacement le public juif.
  2. D’un autre côté, et bien que cela puisse paraître en contradiction avec ce qui précède, mieux que tout autre, l’étudiant juif bien informé, formé et convaincu peut œuvrer efficacement en faveur d’Israël.
  3. Si le contenu et la forme de l’information doivent être adaptés aux étudiants, il ne faut pas, pour autant, verser dans le compromis, visant à convaincre à tout prix même les plus extrémistes.
  4. Il convient de présenter Israël sous tous ses angles, sans se limiter au conflit israélo-arabe, et d’abandonner l’attitude défensive qui caractérise souvent la propagande israélienne.

b) Le contenu

Au-delà de l’action quotidienne et individuelle, en réponse aux événements ou à la propagande arabe, il est nécessaire d’établir un plan d’action pour la prochaine année scolaire et tout d’abord, d’en définir les grands thèmes. Ceux proposés ci-dessous correspondent aux préoccupations actuelles des étudiants et constituent une réponse aux slogans favoris de la propagande arabe, sans verser dans l’attitude défensive.

1) El-Fatah, mouvement de négation nationale

Titre sans doute provocateur, mais susceptible d’éveiller la curiosité. But : montrer qu’El-Fatah n’est qu’une nouvelle forme du ‘refus’ arabe de reconnaitre Israël et qu’il se préoccupe plus de détruire cet Etat que de construire l’avenir palestinien ; démontrer en quoi la ‘dé-sionisation’ d’Israël n’est qu’une fausse solution condamnée tant par l’histoire que par le principe universel du droit à l’autodétermination.

2) Pourquoi la guérilla arabe a-t-elle échoué ?

Thème ayant pour but de dissiper le halo romantique créé autour des terroristes et de désamorcer l’identification de leur lutte avec le grand mouvement anticolonialiste ; de montrer que la guérilla arabe ne réunit aucune des conditions de réussite définies par les classiques de la guérilla, de Mao à Ho Chi Minh, en passant par Castro. Ni le terrain, ni les conditions politiques, ni les formes de peuplement, ne se prêtent à la guérilla qui, pour arriver à une hypothétique victoire, doit s’appuyer sur les forces régulières des pays arabes.

3) Les minorités dans les pays arabes

 Démystification de la présentation idyllique d’un ‘paradis juif’ sous domination arabe, slogan visant à rassurer quant aux possibilités d’une coexistence pacifique entre Arabes et Juifs, ces derniers étant assimilés à une religion, mais niés en tant que nation. Dénoncer les persécutions des minorités en pays arabes ; exemple : kurdes et soudanais du sud, Juifs d’Irak, de Syrie et d’Egypte.

4) Campagne « Etudiants, visitez Israël »

Israël est une réalité vivante qui s’offre à ceux qui veulent voir la vérité. Un essai en ce sens a été tenté avec succès à Nanterre l’an dernier.

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