
Les Elections Municipales de Jerusalem
On a octroyé à la population arabe de la Jérusalem occupée le « privilège » de participer aux élections municipales. Ceci ne veut pas dire qu’ils ont été pour autant privés de leurs autres soi-disant « privilèges », comme le privilège d’être arrêté sans procès, ou le « privilège » de partager ce qui est connu sous le nom de « punition d’environnement », ou le « privilège » de perdre leurs maisons démolies, etc.
Les commentateurs politiques supposaient que les Arabes ne se serviraient pas de ce privilège et ne voteraient pas, mais le jour des élections fut une grande surprise. Le 28 octobre [1969], M. Teddy Kolleck, l’ancien maire de Jérusalem, conserva sa fonction par 16 sièges sur 30. La majorité décisive fut acquise grâce à 7000 votes arabes, 7000 qui n’avaient pas gaspillé leur privilège de vote.
Aucune investigation n’est nécessaire. Les faits sont bien connus, car les journaux du lendemain en étaient remplis.
Le quotidien israélien Maariv, en gros titre (le 29 octobre), réclamait une enquête publique. Leur reporter écrit :
« Alors que les bureaux de vote de la Jérusalem juive étaient presque vides, celui à l’entrée de la Jérusalem arabe était envahi par des centaines d’Arabes qui se bousculaient et poussaient en avant, suppliant qu’on les laisse voter. Des autobus décorés du slogan ‘Nous voulons Teddy Kolleck’ arrivaient régulièrement, bondés d’Arabes. Les Arabes dont les noms n’étaient pas inscrits sur les listes d’électeurs ne voulaient pas quitter le bureau sans une confirmation écrite qu’ils étaient bien venus pour voter.
« On découvrit plus tard dans la journée qu’il s’agissait selon toute apparence d’une opération bien organisée, dont les organisateurs étaient les activistes du MA’ARACH [Front travailliste, NdT] du quartier général de Kolleck en personne. Toute l’opération avait été organisée secrètement (afin qu’aucun autre parti ne puisse intervenir et partager les bénéfices), tout comme le serait une opération militaire. On avait pourvu les Arabes en moyens de transport et en bulletins de vote du Ma’arach. Tous les activistes d’autres partis s’efforçant d’utiliser la même méthode avaient été violemment éloignés par les hommes de Kolleck. L’opération fut menée avec un tel succès qu’on dût recourir à la police pour faire sortir les Arabes.
« Quand j’ai demandé à un jeune Arabe ce qui lui arriverait s’il ne votait pas, il me répondit que ceux qui n’établiraient pas la preuve qu’ils avaient voté ne recevraient pas de travail.
« Le professeur Klinghoffer (Gahal) [parti d’opposition de droite, NdT] rappela que jadis les naïfs [Juifs, NdT] yéménites avaient été ainsi trainés de force aux bureaux de vote pour les premières élections générales. Nous pensions que cette période était terminée et oubliée, mais, dit-il, ce que nous avons vu aujourd’hui est encore pire. M. Benbenisti, chef de l’opération, ne partagea pas l’opinion de Klinghoffer. II s’écria que c’était là un grand succès pour Israël, car cela mettra dans l’embarras les leaders arabes. ‘Nous avons beaucoup travaillé sur cette opération, j’en suis fier. Je ne suis pas responsable de la conduite des Arabes. Ce qui est important pour moi c’est qu’ils soient venus voter ; c’est une importante victoire politique pour nous… pour laquelle j’ai travaillé tous ces derniers mois. J’ai parlé à des notables arabes et ils avaient promis d’amener toute leur famille avec eux, et c’est ce qu’ils ont fait. Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à cela.’
« Le soir, peu avant la fermeture du bureau de vote, l’endroit était plongé dans une hystérie totale. Les Arabes ne voulaient s’en aller que s’ils pouvaient voter ».
Ceci est un récit donné dans Maariv. D’autres journaux publièrent des descriptions identiques. Même Davar, quotidien officieux du gouvernement, devait écrire le 29 oct. :
« Beaucoup d’Arabes qui ne pouvaient pas voter demandèrent à avoir leur carte d’identité timbrée pour prouver qu’ils avaient voulu voter. »
Mais la coutumière hypocrisie patriotique devait reprendre ses droits aussitôt. Le 30 octobre, M. Yustus écrivit déjà dans le même Maariv :
« le bruit fait autour des élections arabes est une honte ; bien mieux encore – c’est hypocrite et, qui est pire, c’est irresponsable. »
Le Dr. Rosenbloom l’a résumé dans Yedioth Aharonoth :
« Les circonstances dans lesquelles ils ont voté sont bien connues et nous n’avons pas à nous en occuper ici, pour des raisons d’ordre patriotique. »
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Vive L’Occupation Liberale

Occupation Liberale
(Extrait de Matzpen, Décembre 1969)
Les membres de la famille Alian Mohamed, qui vivent à Beth-Safafa comme citoyens d’Israël depuis 1948, ont reçu il y a deux ans une notification de la municipalité de Jérusalem leur signifiant l’expropriation d’une partie de leurs terres. Il s’agissait d’une parcelle d’un dunoum [1/10 d’hectare, NdT] et 80 mètres carrés, sur laquelle se trouvent une maison habitée par cinq personnes, un puits et un riche verger. L’ingénieur de la municipalité avait dit à la famille Alian que ce terrain était nécessaire pour la construction d’une route, mais il n’a proposé aucune indemnisation. Au lieu de cela, il a menacé : « Nous pouvons vous évacuer par la force » !
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Rouhi El-Hatib, l’ancien maire de la Jérusalem arabe, qui a été expulsé en Jordanie, a raconté à une commission des Nations Unies qu’en dehors du fait même de l’annexion, on a confisqué au nord de la ville 3345 dunoums. La confiscation a été accompagnée de dynamitage de maisons et d’expulsion de populations.
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Mohamed Farah Sa’adan Kablani, âgé de 70 ans, originaire de Sheikh Jarah, a été arrêté le 23 septembre 1969 par la police de Jérusalem. Sa trace a été perdue. Les autorités prétendent qu’il ne se trouve pas entre leurs mains. L’avocat de la famille Kablani a été averti le 24 août par un officier de la section spéciale de la police de Jérusalem que l’intéressé avait été transféré à la prison de Ramallah. II s’est avéré ensuite que Kablani n’avait jamais été à la prison de Ramallah. Les traces de Mohamed Farah Sa’adan Kablani se sont perdues.
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Les avocats de Youssouf Abdallah Udan ont été empêchés pendant longtemps de voir leur client détenu à la prison de Tul Karem. Ces avocats, Felicia Langer et Ali Rafah, craignaient que les autorités n’aient des raisons pour leur cacher leur client pendant des mois. Plus tard, le prisonnier parla à ses avocats des coups qu’il avait reçus sur tout le corps. Certains jours il ne sortait pas du coma, et quand il reprenait conscience, il ne pouvait se déplacer sans aide. Ses camarades de prison pleuraient en voyant Youssouf Abdallah Udan regagner sa cellule après les interrogatoires. Ses tortionnaires, dont les noms sont connus, le torturaient « parce qu’il était communiste ». Il a subi la torture à l’électricité et on l’a brûlé avec des allumettes. Les coupables n’ont pas été punis.
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Pendant un procès qui s’est déroulé à Lydda le 24 août 1969, contre cinq jeunes gens originaires de la Jérusalem arabe, accusés d’appartenance à une organisation de résistance et de détention d’armes, les faits suivants ont été portés à la connaissance de la Cour : l’accusé Abu-Diab a été frappé avec des barres et des fils barbelés, et ensuite pendu par les pieds. Une cartouche lui a été enfoncée dans le rectum, provoquant l’évanouissement. L’accusé Abd-El-Latif Ith raconta qu’il avait été frappé avec une règle cloutée et ensuite pendu par les mains liées. Il subit aussi le « traitement délicat » au rectum. Le procureur a proclamé au cours de l’instruction que les accusés mentaient.
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Sabri Geries, avocat arabe, assigné à résidence dans sa ville de Haïfa depuis 1967, est actuellement en prison. Arrêté sur ordre administrative depuis février 1970, il n’a fait l’objet d’aucune inculpation ou procès.
« L’article 111 permet la détention administrative de toute personne que les autorités du Commandant Militaire décident de détenir, pour une raison ou une autre, de faire durer la détention indéfiniment, sans jugement, sans même l’inculper » (Sabri Geries, Les Arabes en Israël. Maspero, Paris, 1969).
Fawzi El-Asmar, poète et journaliste arabe a été arrêté sur ordre administrative il y a neuf mois. Lui non plus n’a été traduit devant un tribunal et peu de choses sont connues sur l’intention des autorités concernant le destin de Fawzi El-Asmar.
« Oui, mon ami juif, je peux dire ce que je veux. Ensuite, ils feront eux – qu’ils veulent.
« Dis-moi, mon ami juif, si des choses pareilles arrivaient à une minorité juive, dans n’importe quel pays au monde, quel serait la réaction parmi les juifs en général, et les habitants d’Israël en particulier. » (Fawzi El-Asmar, Extrait du Journal d’un Arabe Israélien, Israc no. 1, juillet 1969).
Sabri Geries, Fawzi El-Asmar et 15 autres prisonniers politiques de la prison de Damon ont engagé une série de grèves de la faim au cours de mois d’avril.
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Vacances 2000
« Les agences de voyage qui aident tous ceux qui sont volontaires pour émigrer en Amérique du Sud, ont déployé une grande activité ces derniers mois dans la bande de Gaza. Les agences offrent le financement du voyage et de toutes autres dépenses à ceux qui n’en ont pas les moyens. On demande aux émigrants de s’engager par écrit à rembourser l’argent sur leurs futurs salaires dans le pays d’accueil. On ignore qui est derrière ces agences et les assure contre le risque de ne pas être remboursées de leur argent. »
(Ha’olam Hazeh, 7 Janvier 1970)
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Les Murs de Lamentation

Les murs de lamentation
