Connais ton chef !

La première édition du livre de M. Yigal Alon “Le rideau de sable“, traitant de la stratégie militaire israélienne, a été publiée il y a une dizaine d’années. La troisième édition, qui comprend l’analyse de M. Yigal Alon sur la guerre de Juin 1967 a été publiée récemment.

Dans un long article paru dans Haaretz du 17 janvier 1969, Ze’ev Schiff, qui est le correspondant militaire bien informé de ce journal, analyse la doctrine de M. Yigal Alon. Le dernier paragraphe de cet article est traduit ici :

« Nous devons décrire la position de M. Alon, qui est que nous devrions, à l’avenir comme nous l’avons fait par le passé, suivre une stratégie basée sur la défensive active plutôt que la défensive passive. A partir d’une des déclarations obscures d’Alon on peut apprendre quels changements se sont produits dans notre position géostratégique.

Alon démontre que, étant donné la possibilité restreinte de l’ennemi de créer des faits accomplis par des attaques-surprises, nous pourrions permettre à ses forces terrestres de lancer une attaque dans certains secteurs.

Et l’auteur continue par la description de 4 situations dans lesquelles Israël auraient raison de franchir les lignes de cessez-le-feu aujourd’hui, même pour une longue période.

  1. Représailles contre des activités terroristes s’il n’y a pas d’autres moyens.
  2. Apporter le soutien à certains alliés dans des pays voisins.
  3. Quand apparaît une menace de changement du statu quo dans un pays voisin.
  4. Quand il y a une offensive ou une concentration de forces offensives.

Le livre d’Alon exclut l’optimisme. Le temps ne travaille pas contre Israël parce que cela dépend de la façon dont le temps est exploité. Tout ceci est en rapport avec les Arabes. Mais qu’en est-il de la politique internationale ? Le livre de M. Alon ne donne pas des réponses à toutes les questions et à tous les problèmes. Mais c’est indubitablement un document important et tous ceux qui s’efforcent de comprendre la politique israélienne de sécurité et sa stratégie militaire se doivent de le lire. »

Connais ton peuple !

Le jour de l’anniversaire de la guerre de « Six Jours », des jeunes membres des kibboutzim de l’Hashomer Hatzair [l’organization du parti sioniste de gauche Mapam – note du traducteur] se réunirent au kibboutz Ein Shemer pour discuter sur deux sujets : « Un an après la guerre » et « Le kibboutz vu par la seconde génération ». Le 22.11.68, le journal israélien Haaretz commença à publier une version des discussions sous la forme d’un article à suivre, mais la série fut interrompue après que la première partie soit publiée, à la demande de l‘Hashomer Hatzair. Nous avons traduit les extraits suivants dans le but de présenter quelques parties significatives de l’opinion qui prévaut parmi la jeune génération des kibboutzim.

Retour à la tradition juive

« J’admets que depuis la guerre, après un an, je prends de plus en plus conscience de tout ce qui se rattache au sionisme, du droit du sionisme, de notre attachement au judaïsme et à la tradition, de toute la question de nationalisme. Si je peux m’exprimer à titre personnel — le sionisme était pour moi une chose qui allait de soi. Nous étions nés pour le sionisme et le socialisme et la fraternité entre les peuples. Nous étions nés au milieu de ces slogans … Certains d’entre nous ont été élevés pendant une période très dogmatique où les croyances étaient claires et absolues et nous avons tous été éduqués dans ce sens, sans y avoir réfléchi et sans l’avoir remis en question.

Il s’est passé que la croyance absolue a été brisée par le 20e congrès du Parti Communiste Soviétique. Depuis cette expérience, nous avons ressenti une haine presque totale pour tout ce qui se passe en Union Soviétique. En ce qui concerne le sionisme, notre défense du sionisme et la légitimité de ce mouvement, je n’ai commencé à me poser des questions que l’année suivant la guerre.

Nous voulions créer dans le pays un peuple juif libre, un peuple dont la culture devait être originale, différente, qui se serait opposée à la culture religieuse basée sur la foi et la tradition. Je pense que nous devons constater notre échec à ce propos, sauf pour quelques exceptions. Aujourd’hui, c’est un fait reconnu, qu’il y a un retour lent mais continu aux traditions religieuses dans le mouvement des kibboutzim… »

Nous piétinons le droit des Arabes

« … Dans ma troisième année de service, j’ai travaillé dans des plantations de bananes avec un Arabe du village arabe de Horesh. Cet Arabe, qui avait vécu à Galgulia [Jaljulia – Note du traducteur] auparavant, ne cessa pas de me dire que nous travaillions sur des terres qui lui appartenaient autrefois, à lui et à sa famille. Aujourd’hui, comme je l’ai dit, la plantation de bananes du kibboutz Horshim est là. Ceci n’est qu’un petit exemple et beaucoup d’entre nous peuvent en ajouter d’autres semblables.

Nous sommes un pays libre et un peuple libre, bon gré mal gré, et à notre époque, c’est une nécessité pour nous. A chaque pas que nous faisons, nous dépossédons les Arabes. Je pense qu’ils ont absolument raison quand ils refusent de faire la paix, jusqu’à ce que nous quittions le pays qui était le leur. Mais comme nous n’avons pas le choix, nous devons entretenir une armée et nous battre, et notre génération combattra encore longtemps. Et elle a déjà longtemps combattus pour son droit et il n’y a pas moyen de sortir de cette impasse.

Mais nous devons comprendre que nous piétinons les droits des autres. Par conséquent, à mon avis, nous sommes dans une situation tragique à laquelle il ne semble pas y avoir d’issue… »

Rendre justice par la force

« … Une des plus difficiles choses que j’ai dû accepter et qui m’obsède depuis la guerre, c’est que l’on est obligé de faire accepter les causes justes par la force, qui est le seul moyen de parvenir à la solution. Nous devons comprendre que non seulement nous croyons à la justice mais que surtout nous savons qu’elle est l’essence même de notre existence. Mais il y a la justice de l’autre côté aussi, et c’est là qu’apparaît notre pessimisme quand nous comprenons que c’est le plus fort qui vaincra.

Depuis le début du siècle, quand commença la colonisation juive ici, le conflit entre les deux peuples s’est déroulé sans jamais perdre de son âpreté. Au contraire, il ne fait qu’empirer : à chaque fois, plus de sang est répandu et aucune solution n’apparaît clairement… »

Avons-nous toujours raison ?

« … Nous sommes une génération qui doute et hésite. Il ne nous reste rien d’autre que contradictions et certitudes brisées. Que nous reste-t-il de crédible ? Nous avons cru et nous nous sommes trompés ; maintenant nous sommes méfiants. Ils ne pourront plus nous tromper. Je veux savoir et je veux comprendre où je vais et pourquoi je me bats. Je refuse d’être un éternel Isaac, grimpant sans comprendre et sans se poser de questions sur l’autel du sacrifice. La morale de toute histoire humaine c’est que toujours il y en a un qui doute, qui hésite. Trop de gens, croyant avoir raison, en ont tué d’autres. La justice est une arme terrible et il faut faire très attention quand on l’emploie. Les gens d’El Fatah ont toujours été poussés à combattre par des mensonges. Nous a-t-on toujours raconté la vérité ? L’ennemi a-t-il toujours tort ? Détenons-nous le monopole de la justice ?

Nous avons déjà entendu comment un peuple a été conduit à la guerre. Cela ne nous donne-t-il pas le devoir de nous interroger ? De ne pas être si confiant ? Il arrive que l’histoire change et réfute les vérités les plus sacrées et les justifications qui peu avant paraissaient irréfutables. Il n’y a qu’une seule injustice qui ne peut pas se transformer en justice – c’est qu’on ne peut ramener à la vie tous ces jeunes qui sont morts dans les guerres…

Nous vivons avec le sentiment que notre renaissance historique, et la merveilleuse et juste vie que nous pouvons établir ici, sera construite sur une injustice perpétrée contre un autre peuple. Est-ce dans ce sens que nous allons élever nos enfants dans un idéal de justice ? Cela, peut-il être la base de notre existence ? Savoir que nous, et sans doute nos fils aussi, allons-nous battre et peut-être mourir pour construire quelque chose qui engendre l’injustice ? Alors, je me demande — j’ai des doutes, mais pourquoi dois-je les partager avec les autres ? Pourquoi affaiblir les mains des autres ? Je n’ai pas de réponse.

Peut-être que secrètement d’autres font face aux mêmes problèmes et peut-être qu’ensemble, ouvertement, nous pourrons les résoudre. »

Connais tes arabes !

Les officiels qui travaillent dans le secteur arabe sont préoccupés par l’évolution qui se propage parmi les Arabes d’Israël, créant leur propre organisation politique. En effet, des tentatives sont faites de faire revivre le « Front Populaire », dissout il y a quelques années, et qui servira de nouveau comme une organisation derrière laquelle s’abriteront les divers courants nationalistes, actifs ou en état d’hibernation, des Arabes d’Israël. On essaie de créer une telle organisation, puisque le groupe « El-Ard » — qui remplissait ce rôle — a été interdit il y a trois ans de cela. Les militants de ce groupe — dont les uns ont été emprisonnés pour activités subversives anti-israéliennes et dont les autres ont été assignés à résidence ou déportés — n’avaient jamais renoncé à propager leurs idées.

A présent, les mesures restrictives qui sont appliquées en vertu des ‘Lois d’Urgence 1945’ et qui sont signées personnellement par l’officier commandant la région, frappent les anciens membres du groupe El-Ard. [Tout cela, y compris l’assignation à résidence surveillée et les déportations mentionnées ci-dessus, sont des mesures administratives exécutées sans jugement par les tribunaux — note du traducteur]. C’est ainsi que Mansur Kardush de Nazareth doit se présenter quotidiennement au poste de police pour rendre compte de ses activités et de ses mouvements durant la journée, et qu’il ne lui est pas permis de quitter sa ville de résidence. L’avocat Sabri Geries de Haïfa, qui était l’idéologue d’El-Ard, doit également se présenter au poste de police, en vertu d’un ordre qui restera en vigueur jusqu’en janvier 1970. [Le livre de Sabri Geries, « Les Arabes en Israël », vient de paraître en français aux éditions François Maspero – note du traducteur]. Un ordre semblable a été pris contre l’étudiant Mohamed Abdoul Me’ari, du village de Makr près de Carmiel en Galilée Occidentale, et d’autres mesures de ce genre frappent les militants nationalistes du RAKAH [parti communiste israélien, dit « arabe » – note du traducteur].

Les officiels travaillant dans le secteur arabe rapportent que les arabes appartenant aux cercles loyaux à l’Etat d’Israël s’abstiennent de se montrer en public. Dans le passé, le gouvernement les comblait d’avantages et d’honneurs ; maintenant on ne le fait presque plus. On rapporte également que ces cercles sont sujets à des attaques.

Les manifestations nationalistes parmi les Arabes d’Israël (comme les slogans qu’on voit apparaître sur les murs « Nous sommes tous d’El-Fatah », et la constitution de cellules nationalistes dans les clubs sportifs, etc.) s’explique, entre autres choses, par les nouveaux contacts établis entre les Arabes israéliens et les Arabes des territoires occupés. Le résultat fut de réveiller les sentiments nationalistes chez les premiers, après une période d’hibernation qui a duré 20 ans. Parallèlement, on assiste à une baisse de l’activité des Arabes loyaux à l’Etat d’Israël.

La négligence qui caractérise actuellement le secteur arabe exige que des décisions importantes soient prises, même si cela entraîne une réorganisation des cadres. Au plutôt cela sera fait, au mieux.

Haaretz : 1er février 1969

Le Mouvement Clandestin Communiste

Le parti communiste, qui milite dans la clandestinité à l’intérieur de la Cisjordanie en tant que branche du parti communiste jordanien, appelle au soutien des organisations terroristes arabes. Le parti communiste jordanien n’était pas jusqu’à présent en faveur d’une action terroriste, soutenant l’idée d’une solution politique aux problèmes du Moyen-Orient. Ils ont durci leur attitude.

Dans les milieux israéliens on interprète ce changement de la ligne comme un soutien supplémentaire à la résistance anti-israélienne dans la Cisjordanie. On souligne aussi l’accroissement du nombre d’adhérents aux organisations civiles arabes, qui sont en réalité des mouvements de résistance ; ils font ressortir également les progrès réalisés dans les méthodes de résistance dont font preuve ces organisations.

Le parti communiste de la Cisjordanie, bien que contraint de travailler dans la clandestinité, publie chaque semaine une déclaration politique. Ce parti a maintenu jusqu’à présent des contacts sporadiques avec le RAKAH. Sa ligne politique condamnait naguère les activités terroristes. Quelques-uns de ses dirigeants, expulsés d’Israël, ont appelés ouvertement à la condamnation des activités terroristes.

C’est seulement récemment que ce parti a changé sa ligne et qu’il soutient les organisations terroristes. De ce fait il a rompu ses relations avec le RAKAH. Le parti communiste est la force politique organisée la plus importante de la Cisjordanie. Les étudiants et les enseignants apportent maintenant un soutien de plus en plus ferme à l’organisation qui s’appelle Kaoumiyin El-Arab [un mouvement nationaliste d’orientation panarabe – note du traducteur]. En effet, l’organisation en question étend ses activités dans les organisations d’étudiants et des enseignants. Ces dernières lui obéissent en tout, y compris la fermeture des écoles. Un autre groupement récemment créé, qui sert comme outil aux organisations terroristes, est l’Association pour l’Avancement des Femmes.

Partout où les Arabes de la Cisjordanie bénéficient d’un niveau élevé et que leurs conditions de vie s’améliorent, les activités terroristes ont pris d’avantage d’ampleur. Les progrès économiques réalisés amènent les Arabes à aider et à soutenir davantage les organisations terroristes.

Haaretz : 29 décembre 1968

Connais ton economie !

Les Israéliens veulent installer des affaires dans la Bande de Gaza

Le responsable aux affaires civiles dans la Bande de Gaza, le lieutenant-colonel Menahem Porath, vient de révéler que nombreux sont les investisseurs israéliens qui se présentent aux autorités pour demander l’autorisation d’établir une affaire industrielle ou touristique dans la Bande de Gaza ou dans le Sinaï.

Il ajouta que les demandes provenaient des entreprises travaillant dans la bonneterie, les cuirs et chaussures et les affaires liées au tourisme, et quelques autres branches. Les demandes ont été examinées et il est possible que quelques-unes soient satisfaites.

Haaretz : 16 décembre 1968.

Les coupures effectuées dans le budget de développement de la Judée et de la Samarie affecteront le processus d’intégration et de coordination de l’économie de la Cisjordanie avec celle d’Israël. Les réductions budgétaires résulteront également en une baisse supplémentaire du niveau de vie dans les territoires administrés en comparaison avec celui d’Israël. Confirmation en fut donnée par les milieux bien informés du ministère de la défense et du Comité des Directeurs Généraux pour les Territoires Administrés.

Le budget ordinaire des territoires administrés s’élevait l’année dernière à 120 millions de livres israéliennes, et le budget de développement à 16 millions de livres. Sur le budget on n’a dépensé que 60 millions de livres, et le reste a été bloqué. La cause de cette économie a été la politique de “ponts ouverts”, qui a fait entrer l’argent de la Jordanie en la Cisjordanie, et qui a donné la possibilité aux travailleurs de trouver un emploi en Israël. On estime à 12.000 le nombre des travailleurs venant des Territoires Occupés et trouvant un emploi en Israël, à un salaire moyen de 10 livres (environ 3 dollars) par jour, faisant entrer ainsi en moyenne 120.000 livres par jour sous forme de salaires.

Haaretz : 3 janvier 1969.

Extrait d’un article de Shabtaï Teveth, intitulé « La Solution Economique »

Il est vraiment agréable d’apprendre que les Israéliens sont arrivés à conquérir les marchés européens avec leurs agrumes et autres produits agricoles. Toutefois, de même qu’il convenait aux Français de conquérir le marché mondial de vins et de fromages, eu égard à leurs compétences culinaires, de même il nous convient de conquérir le marché mondial des armements, puisque les Israéliens sont passés experts dans le domaine de la défense. Pourquoi en avoir honte ? Au contraire, nous devons tourner notre handicap spécifique en un avantage économique.

Avec une aide et direction adaptées, notre industrie d’armement peut devenir le secteur le plus résistant de notre économie et une base saine pour l’industrie israélienne.

Haaretz : 8 novembre 1968.

Cinquante millions de dollars seront collectés pour le développement des territoires occupés

Un groupe d’hommes d’affaires israéliens partisans du « Grand Eretz-Israël » [c’est-à-dire l’annexation des territoires occupés à l’Etat d’Israël – note du traducteur] s’est engagé de collecter 50 millions de dollars pour le développement industriel et touristique des territoires occupés, du Sinaï, des Hauteurs du Golan et surtout de la Judée et de la Samarie. Le projet consiste à créer une société qui fournira, avec l’aide du gouvernement, les capitaux de base et les prêts aux firmes qui désirent s’installer dans les territoires. M. Dan affirme que l’idée lui est venue immédiatement après la fin de la guerre de Six Jours. Les difficultés pour l’application de l’idée provenaient de l’indétermination de la politique gouvernementale quant à l’avenir des territoires. “Nous ne pouvions pas demander aux gens d’investir des fonds tant que l’attitude n’était pas bien définie”, prétend M. Dan. Le projet est de vendre 2.000 actions seulement ; chacune d’une valeur de 8.000 dollars ou 25.000 livres israéliennes. Les actions seront vendues en Israël et à l’étranger.

Haaretz : 9 décembre 1968.

Subsides pour des investisseurs dans les territoires occupés

Une réunion des économistes juifs éminents, qui eut lieu grâce à l’initiative du premier ministre, se termine aujourd’hui. La réunion s’est tenue dans le Bâtiment du Peuple à Jérusalem. A l’agenda d’aujourd’hui il y a des résolutions appelant à la mise en vigueur des décisions prises par le congrès, et pour les arrangements d’une réunion prévue pour l’an prochain. Des fonctionnaires supérieurs du gouvernement étaient présents hier à des débats. Ces fonctionnaires gouvernementaux ont répondu à des questions posées par des investisseurs israéliens et étrangers. Entre autres informations, ils donnèrent des détails sur la forme et les moyens par lesquels le gouvernement israélien aidera les investisseurs dans les territoires occupés. Une des choses mentionnées : les prix les plus intéressants pour des matières premières nécessaires à la manufacture du plastic.

Le directeur du département du commerce et de l’industrie, M. Golan, déclara que les investisseurs ne bénéficieront pas seulement du taux d’intérêt le plus bas (9 % dans la première moitié du prêt) et les garanties gouvernementales quant aux conditions de sécurité, mais aussi d’exemptions d’impôts, comme ce fut indiqué dans la loi concernant les encouragements à l’investissement. Les subsides vont être accordés seulement aux investisseurs qui ne sont pas résidents dans les territoires occupés, de sorte qui pour les sociétés avec des associés résidents en territoires occupés, les subsides ne seront accordés qu’aux Israéliens ou à l’associé étranger mais non au résident local [« local » = palestinien – note du traducteur]. Celui-ci paiera des impôts en accord avec la vieille loi jordanienne ou la vieille loi égyptienne…

Haaretz : 8.2.68

Emploi temporaire pour les travailleurs de la Bande de Gaza

Le conseil des syndicats d’Ashkelon exigea que le recrutement des centaines d’ouvriers arabes de la Bande de Gaza dans des usines en Israël devait s’interrompre immédiatement. Cette démarche intervient suite à la découverte de graves irrégularités commises dans les conditions de travail, lesquelles, selon M. Uri Eliav, secrétaire du syndicat, sont scandaleuses.

M. Eliav, qui visita deux usines dans le sud ce week-end, découvrit que les employeurs avaient établi des normes de travail beaucoup plus difficiles, pour les ouvriers arabes, que pour les autres. En plus, il réalisa que les employeurs ne payaient aux travailleurs arabes aucune des primes auxquelles ils ont droit.

Haaretz : 9.2.69

Ya’akobi : Les dépenses de la sécurité sont élevées mais développent l’économie

D’un côté, la dépense nationale pour la sécurité dépasse les 20 % du produit national, mais de l’autre côté, c’est une force motrice pour l’avancement technique de toute l’économie ; cela a une influence directe sur la capacité d’intégration des immigrants des pays développés. Cette opinion a été développée par M. GAD Ya’akobi [député de haut rang du parti au pouvoir – note du traducteur], faisant une apparition devant l’organisation des universitaires. A son avis, le moment est arrivé pour changer la structure de l’économie, par le développement sélectif de l’industrie et l’amélioration de la condition ouvrière. M. Ya’akobi prétend que l’augmentation du déficit, a plus de L.I. 700 millions pour l’année prochaine, est grave en considérant la situation politique actuelle. Il a fait appel pour l’adoption d’une politique économique qui renforcerait la capacité économique, afin de résister à des pressions étrangères.

Haaretz : 10.1.69

Important déficit commercial dans les territoires occupés

Les exportations des territoires occupés vers la Jordanie se sont chiffrées à 54 millions de livres israéliennes et les importations en provenance de la Jordanie n’ont atteint que 18 millions de livres pendant la même période — affirme un communiqué de l’Office Central de la Statistique publié vendredi dernier. La totalité des importations de la Judée, de la Samarie, de la Bande de Gaza et du Sinaï dépasse les exportations de 150 millions de livres. Ces derniers chiffres contiennent la totalité des transactions entre les territoires et Israël, la Jordanie et les autres pays. Les importations des territoires occupés en provenance d’Israël dépassent les exportations par 163 millions de livres ; les exportations vers la Jordanie ont par contre excédé les importations en provenance de celle-ci de 36 millions de livres ; le déficit commercial des territoires occupés avec les autres pays se chiffre à 23 millions de livres. La totalité des importations des territoires occupés en 1968 s’élevait à 272 millions de livres. Environ 80 % des importations provenaient d’Israël, environ 7 % provenaient de la Jordanie et les 13 % restants provenaient de l’outre-mer tout en transitant par Israël (comprenant les fournitures de l’UNRWA et des autres organisations de secours). Les exportations d’Israël vers les territoires occupés sont en augmentation. Pendant la deuxième moitié de 1967 les exportations d’Israël vers les territoires se chiffraient à 47 millions de livres, et elles sont passées à 96 millions pendant le premier semestre de 1968, et à 120 millions pendant le semestre suivant.

Environ 15 % de ces exportations d’Israël vers les territoires sont composées de biens industriels, dont la moitié environ sont des biens alimentaires. La plupart des biens entrant dans les territoires à travers les ponts sur le Jourdain sont des biens agricoles (du bétail et des grains surtout).

Les exportations des territoires occupés ont atteint le chiffre de 122 millions en 1968. Environ 45 % de celles-ci traversent le Jourdain, 42 % trouvent leurs débouchés en Israël, et le reste va vers l’outre-mer en transitant par les ports israéliens. Les exportations vers Israël ont progressé de 7 millions pendant la deuxième moitié de 1967 à 11 millions pendant le premier semestre de1968 et 41 millions durant la deuxième moitié de 1968. Environ deux tiers sont composés de biens industriels, de biens artisanaux et des minerais. Le reste sont les fruits et les légumes de la saison. La plupart des exportations outre-mer consiste en agrumes de la Bande de Gaza. Les exportations traversant le Jourdain ont commencé en juillet 1967 et ont atteint 35 millions pendant le deuxième semestre de 1967, 29 millions durant la première moitié de 1968 et 25 millions ensuite. Les primeurs comptent pour la moitié de ces exportations. Les biens transformés traversant le Jourdain sont des biens alimentaires.

Haaretz, 2.2.69

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Connais ta presse

Ha’olam Haze : Nom d’un hebdomadaire israélien. D’habitude, c’est le parti qui crée un journal, mais ici, c’est le journal qui a créé le parti ; en temps de paix, ce parti est pour la paix ; en temps de guerre il est pour la guerre.

Haaretz : Grand journal d’information sérieux. Ex : Le mouvement mai-juin 1968 est attribué par ce journal au fait de la liberté sexuelle, qui, ne laisse aux garçons d’autres issues que de prouver leur virilité en tapant sur les flics. En outre ces étudiants ont trop d’argent.

Yediot Aharonot : Le « France Soir d’Israël », et encore …

Zo Haderekh : Journal de RAKAH (Nouveau parti communiste israélien).

Matzpen (en français : boussole) : Publication mensuelle de l‘Organisation Socialiste Israélienne. Si vous êtes désorienté dans la jungle du chauvinisme, radicalisme, cléricalisme, militarisme (dont certains revêtent les apparences du socialisme), vous pouvez vous servir de cette boussole pour rejoindre l’OSI, qui représente la tendance révolutionnaire en Terre Sainte. Juifs et Arabes sont les bienvenus.